vendredi 18 janvier 2008

La place du logement pour le budget des ménages

Un ménage sur cinq, parmi ceux qui ont les niveaux de vie les plusfaibles, consacre près du quart de son budget aux dépenses de logement.Enorme, d'autant plus que ce pourcentage n'inclut pas lesremboursements de prêts, les impôts et les gros travaux.

Le logement est le poste qui différencie le plus nettement les ménages enfonction de leur revenu. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer,son poids budgétaire décroît régulièrement et rapidement à mesure quel'on s'élève dans l'échelle des niveaux de vie.
En 2006, il est enproportion deux fois plus lourd pour les ménages les plus modestes que pour les ménages riches. L'écart provient en partie de ce que les plusdéfavorisés sont plus souvent locataires (48 % contre 18 %), et enpartie du caractère incompressible des dépenses de logement : parrapport aux ménages locataires les plus riches, les plus modestes ontun niveau de vie divisé par 4 mais doivent payer un loyer moyen divisé seulement par moins de 2.
L'emplacement vecteur d'endettement Lesménages les plus modestes habitent à peu près autant que les autres enmaison individuelle. Les dépenses de chauffage et d'éclairage, quireprésentent le tiers du poste « logement », y sont en moyenne deuxfois plus élevées qu'en appartement. A niveau de consommation égal, le logement pèse cependant moins chez les familles les plus nombreuses. De ce fait, il constitue un poste de dépenses trèsdiscriminant entre les différents types de ménages, plus lourd pour lespersonnes seules (23 % de leur consommation en 2006) et les familles monoparentales (21 %), que chez les couples avec enfants (13 %) .
Logement contre nourriture Pour compenser l'augmentation du poste logement, l'Insee observe que les ménages rogne sur le poste alimentation. D'une manière générale, lepoids de la nourriture dans le budget est d'autant plus élevé que leniveau de vie du ménage est faible. Une situation qui se vérifie depuistrès longtemps et dans tous les pays. Mais dans les pays les plus développés, le poids de l'alimentation tend à diminuer à tel point quele budget consacré à la nourriture ne peut plus être, comme autrefois,considérée comme un bon indicateur du niveau de vie d'un ménage. L'Insee guère optimiste pour 2008.
Après les changements de barème opérés en 2007, l'impôt sur le revenuamputerait davantage les ressources des ménages en 2008. Malgrél'impact favorable de la loi en faveur du travail, de l'emploi et dupouvoir d'achat, le revenu nominal des ménages ralentirait ainsi aupremier semestre de 2008 prévoit l'Insee. A l'aune del'analyse du marché américain, le constat est encore plus noir. À cestade du cycle, en effet, la stabilisation du marché immobilier nesemble pas encore en vue : les stocks de logements invendus restent àdes niveaux élevés, la confiance des promoteurs est en berne et lesprix immobiliers continueraient de baisser. L'investissement enlogement des ménages poursuivrait donc sa chute dans les prochainstrimestres. À cet horizon, la consommation des ménages devraitencore être freinée par le niveau des prix immobiliers, qui ampute leurrichesse et leur capacité d'emprunt, et par le ralentissement dupouvoir d'achat, en raison notamment de la hausse de l'inflationénergétique et alimentaire.
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