vendredi 18 janvier 2008

Nouvel indice des loyers

Source : capital.fr

De quoi maintenir les prix de l'immobilier avec le maintien des loyers élevés ?





En attendant que la loi sur le pouvoir d'achat soit votée, l'indice de révision des loyers reste celui calculé depuis deux ans par l'Insee. L'institut de statistiques a publié aujourd'hui l'indice pour le 3ème trimestre 2007, qui s'élève à +2,49%. Une variation moins forte que les mois précédents, et qui se rapproche des niveaux observés au début de 2006, avant que des sommets (+3,23% au 4ème trimestre 2006) soient atteints. Ce chiffre servira donc de base légale de calcul à toutes les prochaines révisions de loyers.

Par la suite, conformément à la volonté de Nicolas Sarkozy, les loyers seront révisés sur la base de l'indice des prix à la consommation (+2,3% en novembre). Cette mesure est censée contenir les hausses, en les ramenant à l'augmentation générale du coût de la vie.

Trois euros d'économie
Or, les déclarations du ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui annonçait récemment une inflation sans doute plus forte en 2008 qu'en 2007, et les prévisions des économistes qui vont dans le même sens jettent le doute sur la réelle efficacité de cette mesure. Cette substitution d'un indice par un autre va-t-elle réellement permettre aux locataires de préserver leur pouvoir d'achat l'an prochain ?

Century 21 s'est engouffré dans cette brèche, mardi, en proposant des simulations à partir des chiffres des deux dernières années. L'indice actuel a affiché une hausse moyenne de 2,80% par an, alors que le futur indice a seulement augmenté de 1,89%. Cette différence de 0,91%, appliquée à un loyer moyen de 547 euros, se serait traduite par une économie d'à peine 5 euros par mois. Un impact « insignifiant » selon Century 21, qui prévoit, en s'appuyant sur les prévisions en matière d'inflation, une économie moyenne d'à peine 3 euros par mois en 2008.

"Moins défavorable"
Du côté des locataires, on juge la mesure moins insignifiante. A la CLCV, association pour le logement et le cadre de vie, on reconnaît que si le gain n'est pas conséquent, il s'agit toujours d'un gain. « L'actuel indice repose déjà à 60% sur l'indice des prix à la consommation. Par conséquent, il n'aurait pas constitué un refuge contre la hausse de l'inflation » explique l'association. « En revanche, il repose également sur l'indice du coût de la construction et l'indice des prix de l'entretien-amélioration, qui varient fortement et ont tendance à flamber. » L'abandon de ces deux indices va donc plutôt dans le bon sens. Même son de cloche à l'UFC Que Choisir : « la nouvelle indexation est moins défavorable au locataire, estime Franck Attia, rédacteur en chef adjoint du mensuel, qui relativise aussitôt : «elle n'aura que des effets marginaux, et la petite économie réalisée servira à financer la hausse des prix du gaz ! »

Moralité : si le nouvel indice ne permet pas aux locataires de réaliser de substantielles économies, il pourrait au moins leur éviter de futures déconvenues. Le texte de loi contenant cette mesure doit encore être examiné par les sénateurs à la fin du mois de janvier. Il devrait entrer rapidement en vigueur après le vote.

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